Le changement, ça fait peur, oui mais…

Il y a un peu plus de six ans, ma vie a changé, je suis devenue maman d’un merveilleux petit garçon, bien plus éveillé que ses deux parents et qui venait nous secouer dans nos éveils un peu tardifs.

Il m’a en douceur amenée à prendre du recul et de la distance par rapport à un métier passionnant qui occupait beaucoup de mes heures de temps libre. J’étais professeure des écoles, appelée anciennement « instit » et je me dévouais pour ces charmantes ou moins charmantes frimousses pour qu’ils apprennent dans la joie, la curiosité et si possible dans un climat doux et serein,  toutes sortes de choses un peu utiles et certaines essentielles. J’enseignais dans des quartiers parisiens dans lesquels la violence était quotidienne et mon premier objectif était que ma classe soit un espace calme et apaisant pour vivre ensemble.

N’ayant pas obtenu de place en crèche, ni trouvé de super nounou à laquelle nous avions un minimum envie de confier notre petit garçon, j’ai commencé à travailler à temps partiel, puis très rapidement à choisir un mi-temps. Très , très vite ce temps libre est devenu un temps de formation puis de pratiques thérapeutiques.

Ce changement a été brutal mais j’avais trouvé un équilibre entre mon activité de thérapeute, d’enseignante, de maman, de femme et la vie parisienne trépidante. 

De façon plus précipitée et comme une tornade qui arrive dans nos vies, est arrivé le deuxième grand changement en octobre 2019, nous souhaitions quitter la capitale et évoluer vers un mode de vie plus lent, plus conscient, plus en lien avec la nature, nous voulions respirer.

Après de nombreux aller-retour Paris-Rennes, des locations de voitures, des visites non concluantes, des repas partagés dans le train, des déceptions, des lectures d’annonces et beaucoup d’appels, nous avons fini par trouvé notre maison, elle nous attendait pour lui refaire une beauté et nous tester sur nos capacités à communiquer avec les lieux.

Il était temps pour mon conjoint et moi de quitter nos postes respectifs et de partir dans une aventure incertaine avec notre fils âgé de cinq ans.

Faire mes cartons après quinze ans d’enseignement, déménager une classe que je pouvais qualifier de « deuxième maison » a été douloureux et à la fois libérateur. Comme lorsque l’on vous retire une dent qui vous fait mal depuis longtemps, cela fait mal mais quel soulagement après. Oui je l’avoue, il y avait un canapé dans ma classe, vous comprenez pourquoi mes élèves voulaient rester dans la classe même durant les récréations.

Voilà, nous emménagions en Bretagne, en pleine foret de Brocéliande, pour rénover une longère de deux cents mètres carrés et tenter de nous faire un nid douillet. 

Presque un an demi plus tard, nos cartons ne sont pas défaits, la poussière de plâtre et de brique est notre colocataire préférée et nous commençons seulement à avoir chaud dans le rez-de-chaussée de la maison mais ce choix nous ravit malgré l’inconfort qu’il a pu et peut encore susciter.

Est-ce que je suis heureuse ? Oui et encore oui. Je suis thérapeute à plein temps et je me ravie de chaque moment passer à vous accompagner dans votre éveil et votre guérison. De chaque recoin de ma maison, je peux voir et me nourrir de la couleur verte des arbres ou de l’herbe du terrain, des oiseaux qui chantent, du vent qui chante entre les feuilles. J’observe la vie, ses mouvements et cela m’apporte beaucoup de bien-être.

Ce départ a été douloureux car je tirais un trait sur une profession que j’ai adorée de nombreuses années, une ville que j’ai arpentée en long et en large à toute heure du jour et de la nuit, elle me laisse des souvenirs mémorables, une sécurité affective, matérielle, des amis, un rythme et des espaces que je connaissais et qui me rassuraient. Je partais vers l’inconnu, la peur d’échouer, de me tromper, de ne pas me sentir bien, la peur du vide, des traites impayées, des travaux à n’en plus finir…

J’ai trouvé un havre de paix, un espace pour respirer et vivre sans stress. J’avais oublié comme j’aimais sentir l’herbe, regarder les arbres perdre leurs feuilles, changer de couleur, observer les fraises du jardin rougir jour après jour, sentir les fleurs parfumer le jardin. J’ai découvert mes cycles à nouveau en laissant les saisons me pénétrer, je me suis reconnectée à moi, mes différentes facettes, à la lune.

Non, ce choix de nouvelle vie n’a pas été évident ni sans doutes car il était incertain, sans filet et compris par peu de personnes autour de nous mais il a été une bulle d’oxygène, un nouveau départ vers une vie plus essentielle, plus sélective, plus choisie.

Alors oui, le changement fait peur, nous savons ce que nous perdons, nous ne savons pas comment seront nos lendemains. Au fond de nous, cette petite voix qui nous invite à changer de lieu, de travail, de relation, de fonctionnement, sait que nous serons heureux, que ce changement est positif pour nous.

De quoi seront fait nos lendemains ? Je ne le sais pas, je les imagine, les dessine, les visualise, les crée, les choisis à l’image de ce que je souhaite vivre. Lorsque notre quotidien ne nous rend plus heureux, le changement est la seule issue, en confiance, avec la foi que ce qui arrive est parfait.

Nous sommes dans la tempête depuis plusieurs mois et nous avons peur, nous doutons, nous ne savons plus quel cap maintenir. C’est le moment idéal pour rêver que demain matin au réveil, la mer sera calme, et que nous accosterons sur une ile sur laquelle on nous accueillera les bras ouverts. Une ile merveilleuse dans laquelle chacun peut matérialiser sa vie de rêve.

On essaie de rêver ensemble, et de faire briller un égrégore lumineux pour accoster sur cette merveilleuse ile du bonheur ?

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